Conférences du colloque

L'Humanisme numérique

Milad Doueihi, titulaire de la Chaire de recherche sur les cultures numériques à l'Université Laval (Québec)

Pourquoi un humanisme numérique? Non par goût de la provocation. Loin de là. Mais plutôt par un souci de réalisme, un réalisme qui reste à définir et à préciser. Cet humanisme qui donne le titre à cet essai n’est point l’expression d’une volonté archaïque, ni d’une quelconque nostalgie de l’antique, d’une époque supposée plus stable, plus sereine et plus cohérente. Au contraire, l’humanisme numérique est le résultat d’une convergence entre notre héritage culturel complexe et une technique devenue un lieu de sociabilité sans précédent. Une convergence qui, au lieu de tout simplement renouer l’antique et l’actuel, redistribue les concepts, les catégories, et les objets, tout comme les comportements et les pratiques qui leur sont associés, dans un environnement nouveau.

Selon Claude Lévi-Strauss, l’Occident est marqué par trois humanismes : un humanisme de la Renaissance (la découverte de la méthode critique), un humanisme exotique du 19ème siècle (la découverte des cultures orientales) et un humanisme démocratique du 20ème siècle (celui de l’ethnologue). L’humanisme numérique sera donc celui de ce siècle débutant, en étant l’affirmation que la technique actuelle, dans sa dimension globale, est une culture, dans le sens où elle met en place un nouveau contexte, à l’échelle mondiale. Une culture car le numérique, et ce malgré une forte composante technique qu’il faut toujours interroger et sans cesse surveiller (car elle est l’agent d’une volonté économique), est devenue une civilisation qui se distingue par la manière dont elle modifie nos regards sur les objets, les relations et les valeurs, et qui se caractérise par les nouvelles perspectives qu’elle introduit dans le champ de l’activité humaine.

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